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04 janvier 2007
DEPISTAGE EN MEDECINE : MODE OU NECESSITE ?

M
Mieux vaut prévenir que guérir ? Pas si sûr …
Dans les pays développés, malgré de petits progrès annoncés de façon souvent spectaculaire, trois groupes de maladies continuent à résister aux approches thérapeutiques : cancers, maladies cardio-vasculaires et maladies psychiatriques. D’où l’idée logique de les dépister, voire de les prévenir.
Les années 60 ont vu naître le dépistage de masse avec le cancer du sein, puis le cancer du col de l’utérus. Aujourd’hui, de nouveaux dépistages sont proposés (cancer du colon, cancer de la prostate, troubles du rythme cardiaque et même maladies neuro-dégénératives ou troubles du comportement) Or, les résultats des premiers dépistages commencent seulement à nous parvenir avec des résultats mitigés.
Faut-il en faire plus ou moins ? Avons-nous correctement évalué les coûts, les risques et les bénéfices en termes de santé publique et de santé individuelle ?
Alors que l’Institut National du Cancer a lancé en 2005 tout un dispositif de communication pour inciter aux dépistages des cancers (peau, colon, utérus, seins), une série d’articles médicaux a récemment remis en question l’intérêt de la prévention du cancer du sein. D’autres dépistages comme celui de la prostate sont en train d’être totalement rejetés par le corps médical.
Peut-on tirer de réelles conclusions quant à la réduction de la mortalité à mettre au bénéfice du dépistage ? Peut-on craindre un « surdiagnostic » entraînant des traitements parfois lourds qui n’auraient peut-être pas été nécessaires ? Les méthodes de dépistages sont-elles totalement sans risques ?
Pour son premier café « Sciences&Citoyens » de l’année 2007, l’association Mille et une Sciences vous invite à débattre et poser vos questions aux spécialistes invités.
INTERVENANTS :
•Denis VITAL DURAND,
Responsable du service de médecine interne à Lyon-Sud et doyen de la faculté de médecine Laennec.
•Elisabeth GORMAND,
Médecin radiologue et présidente de l'ADEMAS 69 (association créée pour l'organisation du dépistage du cancer du sein dans le Rhône).
•D'autres intervenants sont à confirmer
Le débat sera animé par Luc Perino (Médecin et membre de 1001 Sciences) et Fanny Blondin (journaliste et membre de 1001 sciences)
CONTACT PRESSE: Florent COLOVRAY association 1001 Sciences - 04 37 37 26 88 - info@1001-sciences.org
10:40 Publié dans LE CAFE DU MOIS | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note

Commentaires
Merci de me laisser un délai pour l'organisation de ce débat.
Sur le dépistage, j'ai une longue réflexion personnelle très documentée.
Les intervenants pourraient être une femme médecin de l'Ademas
et un anthropologue de la maladie (élève de Laplantine ?
éventuellement un philosophe (j'en ai peut-être un sous la main)
Ecrit par : Luc Perino | 06 novembre 2006
Dépister quoi ? la non conformité ? la perte de chance ?
qu'est-que que la conformité
quel bagage minimum de chance ?
Y a-t-il une réponse autre que l'eugénisme, sinon laisser faire le hasard ? ou la nature.
Ecrit par : jacques desbaumes | 03 décembre 2006
En fait, il ne s'agira pas d'un débat sur le dépistage pré-natal qui ammène effectivement les questions que vous soulevez, mais un débat sur le dépistage des maladies (cancers du sein, du colon...) et de l'intérêt ou non de ces depistages de masse.
Ecrit par : Florent 1001 sciences | 12 décembre 2006
Pour répondre à la question de Jacques Desbaume.
Le dépistage anténatal fait l'objet d'un débat séparé car il a effectivement des retombées sociales, éthiques, religieuses et déontologiques très différentes.
Il faut savoir tout de même que l'un d'un plus beaux succès de la médecine est le dépistage néonatal (et non anténatal) qui a réussi à éradiquer complètement la phénylcétonurie (appelé aussi crétinisme) par un simple test à la naissance.
Mais il ne s'agit pas d'eugénisme.
Le dépistage prénatal étant effectivement d'emblée suspect d'eugénisme. Il faudra un jour faire la distinction entre l'eugénisme sélectif d'inspiration Nazie et l'eugénisme thérapeutique choisi par les parents, d'inspiration médico-sociale au même titre que la fécondation in vitro, la chirurgie plastique ou le dépistage des cancers.
Les deux sont discutables, mais un seul possède le visage de la barbarie !!
Ecrit par : Luc Perino | 12 décembre 2006
dépistage oui si :
spécifique
si traitement efficace de la maladie détectée (prostate)
non si utilisé en individuel alors qu'il est efficace d'un seul point de vue santé publique (sensibilité)
? pb si obligatoire : pour préserver le risque financier ? créer l'angoisse ? révéler des incohérence génétique intra-familiale (enfant illégitimes)
Ecrit par : Jacques | 16 décembre 2006
Il n'y en a jamais trop puisque prévenir vaut mieux que guérir
Seule limite : le volontariat, le droit de ne pas savoir
mais alors que dit la société ?
En fait le vrai problème c'est le dépistage des seuls facteurs de risques et non de la maladie déclarée ou en période d'incubation. Mais alors où la frontière entre ce qui pourrait advenir, ce qui est en train d'advenir et ce qui est advenu ?
Ecrit par : Jacques | 18 décembre 2006
il y a 11 ans mon épouse, en parfaite santé, mais pour suivre les recommandations de l'époque passe une radio des seins conclusions : micro calcification =cancer= opération immédiate préconisée par un grand chirurgien de lyon retour à la maison : je suis cancéreuse, douleurs au dos aux épaules etc etc 2 années de cauchemard où je l'ai convaincue de raisonner en scientifique que nous étions et confirmer un diagnostic par au moins trois avis J'avais la chance de travailler avec une collègue toxicologue qui m'a confirmer le manque de relation univoque entre cette observation et un cancer et m'a renvoyé vers un de ses amis cancérologue à Marseille, puis à lyon...ce dernier à la veille d'un départ en tetraite à été exemplaire d'humanisme et lui a dit "revenez à vous, on ne parle plus de cancer, on se donne 2 ans d'examens , un par an, vous n'etes pas dans un désert médical, et si rien ne bouge on arrete là " dans la semaine qui a suivi toutes les douleurs ont disparues, nous avons suivi ce conseil ,elle n'a jamais été opérée et se porte comme un charme. conclusions: trop de confiance aveugle en des techniques non encore au point, absence de retour d'expérience, manque cruel d'humanisme rendent les pré- diagnostic souvent dangereux ce qui ne veut pas dire qu'il ne faut en faire je viendrai à ce débat et peux confirmer cette expérience
Ecrit par : lambert serge | 04 janvier 2007
Voilà un bel exemple concret à citer lors de la réunion.
Il sont très nombreux comme celui-ci.
Les plus nombreux sont ceux qui auraient pu être comme celui-ci et ne l'ont pas été !!
Ecrit par : Luc Perino | 05 janvier 2007
Le titre provocateur mentionne "Mode" et fait allusion en fait à l'actualité qui fait que la médecine traditionnellement curative devient de plus en plus prédictive. Ce n'est pas la mode mais l'accession au pouvoir (au sens aptitude).
Dès lors se pose le problème de la "nécessité", on ne doit pas faire tout ce que l'on peut faire. Ici apparaît la réflexion sur le limites du normal et le pathologique.
En qui concerne l'abus évoqué il faut observer la lenteur de la mise en place du dépistage du cancer colorectal, en France, tant les responsables de santé sont soucieux de valider la méthode déjà en place dans d'autres pays.
Ecrit par : Jacques D | 05 janvier 2007
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